Garantie d'origine : tout comprendre sur l'électricité verte certifiée
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Garantie d'origine : tout comprendre sur l'électricité verte certifiée

Le marché des Garanties d'Origine (GO) est en pleine expansion en 2026. Sous l'effet combiné de la CSRD (qui impose un reporting des émissions Scope 2 en méthode market-based), du décret tertiaire et d'une demande croissante de verdissement des contrats d'énergie, les GO sont devenues un outil stratégique pour les entreprises engagées dans la transition énergétique.

Ce guide explique le fonctionnement des Garanties d'Origine, les différentes options d'acquisition pour les professionnels, et comment les intégrer dans votre stratégie de décarbonation et vos obligations de reporting.

Qu'est-ce qu'une Garantie d'Origine ?

Définition et rôle dans la traçabilité de l'énergie verte

La Garantie d'Origine (GO) est un certificat électronique qui atteste qu'1 MWh d'électricité a été produit à partir d'une source d'énergie renouvelable (éolien, solaire, hydraulique, biomasse). Elle constitue le seul mécanisme officiel de traçabilité de l'électricité verte en Europe.

Caractéristiques clés d'une GO :

  • Émetteur : le producteur d'énergie renouvelable, via un organisme habilité (en France : registre national géré par Powernext)
  • Unité : 1 GO = 1 MWh d'électricité renouvelable produit et injecté dans le réseau
  • Traçabilité : chaque GO identifie la source de production (type de technologie, localisation, date de production)
  • Unicité : une GO ne peut être utilisée qu'une seule fois : une fois « annulée » (consommée), elle ne peut plus être revendue
  • Validité : 12 mois à compter de la date de production

La GO ne signifie pas que l'électricité physique livrée à votre compteur est « verte ». Le réseau électrique est un pool commun. La GO certifie qu'un volume équivalent d'électricité renouvelable a été injecté dans le réseau pour couvrir votre consommation.

Le mécanisme de certification : de la production à l'annulation

Le cycle de vie d'une Garantie d'Origine suit 4 étapes :

  1. Production : un producteur d'énergie renouvelable (parc éolien, centrale solaire, barrage hydraulique) injecte de l'électricité dans le réseau
  2. Émission : pour chaque MWh injecté, une GO est créée dans le registre national et attribuée au producteur
  3. Transaction : le producteur vend la GO à un fournisseur d'énergie, un courtier ou directement à une entreprise. Les GO se négocient sur un marché dédié (plateforme EEX)
  4. Annulation : lorsqu'un consommateur final souhaite certifier sa consommation comme « verte », la GO est annulée dans le registre au bénéfice de ce consommateur

Les différents types de GO et leur valeur

Toutes les GO ne se valent pas. Le marché distingue plusieurs niveaux de qualité :

Type de GOSourcePrix indicatif (2026)Additionnalité
GO standardHydraulique historique (barrages existants)0,50 à 1,50 €/MWhFaible (production existante)
GO premiumÉolien ou solaire récent (< 5 ans)1,50 à 4 €/MWhMoyenne (investissement récent)
GO PPAProduction dédiée via Power Purchase Agreement3 à 8 €/MWhForte (finance une nouvelle installation)
GO biométhaneProduction de biogaz injecté dans le réseau5 à 15 €/MWhForte (substitution gaz fossile)

Les entreprises soumises à la CSRD ont intérêt à privilégier les GO premium ou PPA : la méthode market-based du GHG Protocol valorise davantage les certificats à forte additionnalité (qui financent réellement de nouvelles capacités renouvelables).

Intégrer les GO dans vos contrats d'énergie professionnels

Offre verte du fournisseur vs achat séparé de GO

Deux options s'offrent aux entreprises pour acquérir des Garanties d'Origine :

  • Offre d'électricité verte avec GO incluses : le fournisseur intègre les GO dans son contrat de fourniture. C'est la solution la plus simple : le surcoût est de 0,50 à 3 €/MWh par rapport à une offre classique. Adapté aux PME qui veulent un engagement vert sans complexité administrative
  • Achat séparé de GO : l'entreprise achète ses GO directement sur le marché (via un courtier ou une plateforme) et les fait annuler à son bénéfice. Cette approche offre plus de contrôle sur l'origine (choix de la technologie, du pays, de l'ancienneté de l'installation) mais nécessite une gestion administrative

Un courtier en énergie peut gérer les deux approches : négocier une offre verte compétitive avec les GO intégrées, ou sourcer des GO premium/PPA sur le marché pour maximiser l'additionnalité.

PPA et autoconsommation : les alternatives aux GO classiques

Au-delà des GO de marché, deux mécanismes offrent une traçabilité encore plus forte :

  • PPA (Power Purchase Agreement) : contrat d'achat direct entre l'entreprise et un producteur renouvelable, sur 10 à 20 ans. Le PPA génère automatiquement des GO dédiées, avec une additionnalité maximale (le contrat finance la construction d'une nouvelle installation). Prix garanti sur la durée, déconnecté de la volatilité du marché
  • Autoconsommation solaire : l'électricité produite sur site (toiture photovoltaïque) n'a pas besoin de GO : elle est intrinsèquement verte. Rentabilité atteinte en 7 à 10 ans, durée de vie 25-30 ans

GO et biométhane : verdir aussi votre consommation de gaz

Les Garanties d'Origine biométhane fonctionnent sur le même principe que les GO électricité, mais pour le gaz :

  • Le biométhane est produit par méthanisation de déchets agricoles, agroalimentaires ou de stations d'épuration
  • Il est injecté dans le réseau de gaz naturel et une GO certifie chaque MWh injecté
  • L'entreprise peut intégrer du biométhane dans son contrat gaz via un courtier gaz professionnel : le surcoût varie de 5 à 15 €/MWh selon le pourcentage de verdissement souhaité
  • Impact CSRD : le biométhane réduit directement les émissions Scope 1 (combustion) et améliore le reporting extra-financier

GO et conformité réglementaire : CSRD, décret tertiaire et reporting Scope 2

La méthode market-based du GHG Protocol et le rôle des GO

Le GHG Protocol (standard international de comptabilité carbone) propose deux méthodes pour calculer les émissions Scope 2 (électricité achetée) :

  • Location-based : utilise le facteur d'émission moyen du réseau électrique national (en France : ~55 gCO2/kWh grâce au nucléaire). Cette méthode ne tient pas compte des GO
  • Market-based : utilise le facteur d'émission lié au contrat de fourniture. Si l'entreprise détient des GO, le facteur d'émission passe à 0 gCO2/kWh pour les volumes couverts

La CSRD impose aux entreprises de plus de 250 salariés de reporter les deux méthodes. Les GO permettent donc d'afficher un Scope 2 market-based nul sur l'électricité, ce qui améliore significativement le bilan carbone reporté et renforce la crédibilité ESG.

Décret tertiaire et verdissement de la consommation

Le décret tertiaire impose une réduction de -40 % de la consommation des bâtiments > 1 000 m² d'ici 2030. Les GO ne réduisent pas la consommation en soi, mais elles complètent la stratégie :

  • OPERAT : la plateforme de l'ADEME permet de déclarer l'achat de GO dans le cadre du reporting annuel
  • Image : les bâtiments alimentés en électricité verte certifiée renforcent le positionnement de l'entreprise auprès des occupants et des investisseurs
  • Complémentarité : les GO s'ajoutent aux actions d'efficacité énergétique (LED, GTB, isolation) pour construire une trajectoire de décarbonation cohérente

Éviter le greenwashing : bonnes pratiques de communication

L'utilisation de GO impose une rigueur dans la communication :

  • Ne pas affirmer « nous consommons de l'électricité verte » sans nuance : dire plutôt « notre consommation est couverte par des Garanties d'Origine certifiant une production renouvelable équivalente »
  • Privilégier l'additionnalité : les GO premium ou PPA financent de nouvelles installations, contrairement aux GO standard issues de barrages existants depuis des décennies
  • Documenter : conserver les attestations d'annulation des GO pour justifier les déclarations dans le reporting CSRD et les communications RSE
  • Combiner : les GO seules ne suffisent pas : les associer à des actions concrètes de réduction de consommation (efficacité énergétique, sobriété) pour une démarche crédible

Le marché des GO en France et en Europe

Volumes et dynamiques du marché européen

Le marché européen des Garanties d'Origine a connu une croissance spectaculaire. En 2025, plus de 700 TWh de GO ont été émises à l'échelle européenne, contre environ 400 TWh cinq ans plus tôt. Cette hausse s'explique par trois facteurs convergents : la réglementation CSRD qui pousse les entreprises à justifier leur mix énergétique, les engagements volontaires RE100 et SBTi, et la pression croissante des investisseurs sur les critères ESG.

En France, le registre national géré par Powernext (filiale d'EEX) enregistre l'émission, le transfert et l'annulation de chaque GO. En 2025, la France a émis environ 55 TWh de GO, principalement d'origine hydraulique (barrages historiques EDF). Ce volume reste insuffisant par rapport à la demande : les entreprises françaises importent donc des GO depuis la Scandinavie (hydraulique norvégien et suédois) et l'Espagne (éolien et solaire).

Le marché européen fonctionne grâce au système AIB (Association of Issuing Bodies) qui permet le transfert transfrontalier de GO via le European Energy Certificate System (EECS). Une entreprise française peut donc annuler une GO produite en Norvège pour couvrir sa consommation : c'est légal et reconnu par le GHG Protocol, mais la question de la corrélation géographique fait débat dans les référentiels les plus exigeants.

Le registre Powernext : fonctionnement et transparence

Powernext assure la gestion du registre national des GO depuis 2013. Son rôle couvre plusieurs missions :

  • Émission : vérification de la production renouvelable déclarée par les producteurs et création de la GO dans le registre
  • Transfert : enregistrement des transactions entre détenteurs de comptes (producteurs, fournisseurs, courtiers, entreprises)
  • Annulation : retrait définitif de la GO au bénéfice d'un consommateur final, avec émission d'une attestation
  • Publication : mise à disposition de statistiques agrégées sur les volumes émis et annulés par filière et par région

Toute entreprise peut ouvrir un compte sur le registre Powernext pour acheter et annuler des GO en direct. En pratique, la plupart des PME et ETI passent par leur fournisseur d'énergie ou par un courtier en énergie qui gère cette opération pour leur compte.

Évolution des prix : tendances 2024-2026

Les prix des GO ont connu une forte volatilité ces dernières années. Après un pic en 2022-2023 (jusqu'à 8 EUR/MWh pour les GO standard sous l'effet de la crise énergétique), les prix se sont normalisés en 2024-2025 avant de se stabiliser en 2026.

Plusieurs facteurs expliquent les variations de prix :

  • Hydrologie : une année pluvieuse augmente la production hydraulique et donc l'offre de GO standard, faisant baisser les prix
  • Demande CSRD : l'entrée en vigueur progressive de la CSRD (grandes entreprises en 2024, ETI en 2025-2026) tire la demande vers le haut
  • Mix national : les pays avec beaucoup de renouvelable historique (Norvège, Suède) exportent des GO bon marché, tandis que les pays importateurs (Allemagne, France) subissent une pression sur les prix
  • Critères de qualité : la montée en puissance des labels comme VertVolt et des exigences RE100 pousse la demande vers des GO premium, plus chères mais à plus forte additionnalité

Pour les entreprises, la stratégie d'achat de GO doit s'inscrire dans une logique pluriannuelle. Les contrats de fourniture à 2-3 ans permettent de figer un prix de GO et d'éviter les variations spot.

GO standard vs GO premium vs VertVolt : quel niveau d'engagement choisir ?

GO standard : le premier niveau de verdissement

Les GO standard sont majoritairement issues de la production hydraulique historique (grands barrages en service depuis des décennies). Elles représentent le segment le plus liquide et le moins cher du marché.

Avantages des GO standard :

  • Coût modéré : 0,50 à 1,50 EUR/MWh, soit moins de 2 % de surcoût sur une facture d'électricité professionnelle
  • Disponibilité : volumes importants sur le marché, pas de risque de pénurie
  • Conformité : parfaitement valables pour le reporting CSRD Scope 2 market-based

Limites des GO standard :

  • Additionnalité faible : elles ne financent pas de nouvelles installations renouvelables
  • Perception : de plus en plus d'observateurs et d'ONG critiquent les GO standard comme du « greenwashing légal »
  • Labels : incompatibles avec les exigences du label VertVolt de l'ADEME

GO premium : financer le renouvelable récent

Les GO premium proviennent d'installations récentes (moins de 5 ans), généralement éoliennes ou solaires. Leur prix plus élevé reflète une valeur d'additionnalité supérieure.

Critères d'une GO premium :

  • Âge de l'installation : mise en service récente, souvent post-2020
  • Technologie : éolien terrestre ou en mer, solaire photovoltaïque, biomasse de dernière génération
  • Localisation : les GO de même pays ou de même zone géographique (corrélation temporelle et spatiale) sont valorisées
  • Certification complémentaire : certaines GO premium bénéficient de labels tiers (EKOenergy, TüV)

Pour une ETI soumise à la CSRD, les GO premium représentent un bon compromis entre coût (1,50 à 4 EUR/MWh) et crédibilité de la démarche RSE.

VertVolt : le label ADEME pour une électricité verte exigeante

Créé en 2021 par l'ADEME, le label VertVolt vise à différencier les offres d'électricité verte selon leur niveau d'engagement. Il comporte deux niveaux :

  • VertVolt « Engagé » : le fournisseur achète des GO auprès de producteurs français d'énergie renouvelable. La GO doit provenir d'installations situées en France
  • VertVolt « Très engagé » : en plus de la provenance française, au moins 25 % de l'électricité doit provenir d'installations en gouvernance partagée (projets citoyens, coopératives énergétiques) ou d'installations récentes sans soutien public

Le label VertVolt répond à une critique majeure du système des GO : en exigeant une corrélation géographique (France) et des critères d'additionnalité ou de gouvernance, il rapproche la GO de la réalité physique de la production.

Tableau comparatif : GO standard, premium et VertVolt

CritèreGO standardGO premiumVertVolt EngagéVertVolt Très engagé
Prix indicatif0,50-1,50 EUR/MWh1,50-4 EUR/MWh2-4 EUR/MWh3-6 EUR/MWh
Origine géographiqueEurope (souvent import)Europe ou FranceFrance uniquementFrance uniquement
Âge installationAucune exigence< 5 ans recommandéVariableRécente ou gouvernance partagée
AdditionnalitéFaibleMoyenneMoyenneForte
Conformité CSRDOuiOuiOuiOui
Crédibilité RSEBasiqueBonneBonneExcellente
Idéal pourPME budget serréETI engagéePME responsableETI leader RSE

Comparatif des prix des Garanties d'Origine par type (EUR/MWh)

Fourchette haute des prix indicatifs 2026 pour une entreprise professionnelle

Le choix entre ces options dépend de trois paramètres : le budget disponible, le niveau d'ambition RSE de l'entreprise et les attentes des parties prenantes (investisseurs, clients, salariés). Un courtier en énergie renouvelable peut aider à définir le mix optimal.

CSRD Scope 2 market-based : pourquoi les GO sont devenues incontournables

Le double reporting Scope 2 imposé par la CSRD

La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) est entrée en vigueur progressivement depuis 2024. Pour les émissions Scope 2, la directive impose de reporter selon les deux méthodes du GHG Protocol :

  • Location-based : facteur d'émission moyen du réseau électrique du pays. En France, ce facteur est bas (~55 gCO2/kWh) grâce au nucléaire. Les GO n'ont aucun impact sur ce calcul
  • Market-based : facteur d'émission lié aux instruments contractuels détenus par l'entreprise. Sans GO, l'entreprise doit utiliser le « residual mix » (mix résiduel), qui en France atteint environ 450 gCO2/kWh (bien plus élevé que le mix moyen car il exclut l'électricité déjà « verdie » par d'autres)

Cette asymétrie est fondamentale. Une entreprise qui ne détient pas de GO affiche un Scope 2 market-based huit fois plus élevé que son Scope 2 location-based. C'est un paradoxe qui pénalise lourdement le bilan carbone reporté.

Le mix résiduel : le piège méconnu du reporting sans GO

Le mix résiduel est calculé chaque année par l'AIB pour chaque pays européen. Il représente le mix électrique « non couvert » par des instruments de traçabilité (GO, PPA, autoconsommation). En France, le mix résiduel est très carboné parce que :

  • La production nucléaire (qui représente ~70 % du mix physique) n'est en grande partie pas couverte par des GO : EDF émet des GO nucléaires mais elles ne sont pas toujours annulées
  • Le renouvelable couvert par des GO est retiré du calcul
  • Il ne reste dans le mix résiduel que les centrales fossiles (gaz, charbon) et la part de nucléaire non tracée

Résultat concret : une ETI consommant 5 000 MWh/an sans GO affiche un Scope 2 market-based de 2 250 tonnes de CO2 (5 000 x 0,450). Avec des GO couvrant 100 % de sa consommation, ce chiffre tombe à 0 tonne. L'écart est considérable pour le reporting CSRD et pour les notations ESG.

Obligations et calendrier CSRD pour les entreprises

Le calendrier d'application de la CSRD s'étend sur plusieurs vagues :

  • 2024 (reporting 2025) : grandes entreprises déjà soumises à la NFRD (+ 500 salariés)
  • 2025 (reporting 2026) : toutes les grandes entreprises (+ 250 salariés ou CA > 50 M EUR)
  • 2026 (reporting 2027) : PME cotées (option de report de 2 ans)

Pour les entreprises concernées, l'absence de GO dans la stratégie d'achat d'électricité se traduit par un Scope 2 market-based élevé, qui impacte directement :

  • Les notations ESG (CDP, EcoVadis, ISS) utilisées par les investisseurs et les donneurs d'ordres
  • Les appels d'offres : de plus en plus de grandes entreprises exigent de leurs fournisseurs un bilan carbone Scope 2 market-based faible
  • La trajectoire SBTi : les objectifs de réduction validés par le Science Based Targets initiative intègrent le Scope 2 market-based

Les GO ne sont pas « obligatoires » au sens juridique strict, mais elles sont devenues incontournables pour toute entreprise soumise à la CSRD qui souhaite afficher un bilan carbone cohérent.

PPA vs GO : deux approches complémentaires pour verdir son énergie

Le PPA : un engagement long terme avec additionnalité maximale

Le PPA (Power Purchase Agreement) est un contrat d'achat d'électricité renouvelable signé directement entre une entreprise et un producteur, sur une durée de 10 à 25 ans. Il existe deux grandes familles de PPA :

  • PPA physique : l'électricité est livrée physiquement au consommateur via le réseau. Le producteur émet des GO qui sont transférées à l'acheteur
  • PPA virtuel (financier) : pas de livraison physique. L'entreprise et le producteur échangent un différentiel de prix par rapport à un indice de marché. Les GO sont transférées séparément

Le PPA offre une additionnalité maximale : le contrat long terme sécurise le financement d'une nouvelle installation renouvelable (parc éolien, centrale solaire). Sans PPA, le projet ne se construirait pas ou difficilement.

Pour approfondir le sujet des PPA, consultez notre guide PPA entreprise.

Quand choisir un PPA, quand choisir des GO ?

Le choix entre PPA et GO dépend du profil de l'entreprise :

CritèreGO de marchéPPA
EngagementAnnuel, flexible10-25 ans, engagement ferme
Volume minimumAucun5-10 GWh/an minimum en général
PrixVariable (marché spot ou terme)Fixe sur la durée du contrat
AdditionnalitéFaible à moyenneForte (finance un nouveau projet)
ComplexitéFaibleÉlevée (structuration juridique et financière)
Profil idéalPME, consommation < 5 GWh/anGrande entreprise ou ETI, consommation > 10 GWh/an

En pratique, les deux mécanismes sont complémentaires. Une ETI peut couvrir une partie de sa consommation via un PPA (pour l'additionnalité et la stabilité de prix) et compléter avec des GO de marché (pour la flexibilité sur le volume restant).

La combinaison optimale pour le reporting CSRD

Le GHG Protocol hiérarchise les instruments de traçabilité pour le Scope 2 market-based. Les PPA et les GO sont au même niveau dans cette hiérarchie : les deux permettent d'afficher un facteur d'émission de 0 gCO2/kWh. Toutefois, les référentiels les plus exigeants (RE100, SBTi) valorisent de plus en plus la qualité des instruments :

  • Les PPA sont considérés comme le « gold standard » de la traçabilité
  • Les GO premium ou VertVolt sont un excellent deuxième choix
  • Les GO standard restent conformes mais leur crédibilité est questionnée

Pour construire une stratégie de RSE énergie solide, il est recommandé de monter progressivement en qualité : GO standard la première année, puis GO premium, puis PPA à moyen terme.

Comment vérifier l'authenticité d'une Garantie d'Origine

Le registre national : votre source de vérité

La vérification d'une GO repose sur un principe simple : toute GO authentique est inscrite dans un registre national (Powernext en France) et dispose d'un identifiant unique. Lorsqu'une GO est annulée au bénéfice d'un consommateur, le registre délivre une attestation d'annulation qui constitue la preuve officielle.

Pour vérifier qu'une GO est authentique, l'entreprise doit :

  1. Demander l'attestation d'annulation à son fournisseur ou courtier. Ce document mentionne le numéro de la GO, la source de production, la période de production et le bénéficiaire
  2. Vérifier la cohérence entre le volume d'annulation et la consommation réelle de l'entreprise. Les GO doivent couvrir la même période et le même volume que la consommation facturée
  3. Contrôler la provenance : le type de technologie et le pays de production sont indiqués sur l'attestation. Vérifier qu'ils correspondent à ce qui a été contractualisé

Les signaux d'alerte du greenwashing énergétique

Plusieurs pratiques doivent alerter les entreprises :

  • Offre « verte » sans attestation : un fournisseur qui propose de l'électricité verte sans fournir d'attestation d'annulation de GO est suspect
  • GO non annulées : certains fournisseurs achètent des GO mais ne les annulent pas au bénéfice du client. Les GO restent dans leur portefeuille et peuvent être revendues
  • Double comptage : une GO ne peut être annulée qu'une seule fois. Si deux entreprises revendiquent la même production renouvelable, il y a fraude
  • Communication disproportionnée : affirmer « 100 % d'électricité verte » sur la base de GO standard d'hydraulique norvégien est légal mais trompeur si l'entreprise ne mentionne pas que l'électricité physique provient du réseau mixte français

Bonnes pratiques pour une démarche transparente

Pour éviter les écueils du greenwashing et construire une communication énergétique crédible :

  • Exigez systématiquement les attestations d'annulation et archivez-les pour le reporting CSRD
  • Privilégiez la proximité : des GO françaises ou européennes de même zone de marché renforcent la cohérence de la démarche
  • Associez GO et sobriété : communiquer sur les GO sans mentionner les efforts de réduction de consommation affaiblit la crédibilité
  • Publiez les détails : dans le rapport de durabilité CSRD, détaillez le type de GO, la provenance et la proportion de la consommation couverte
  • Montez en qualité progressivement : passer de GO standard à GO premium puis VertVolt démontre une trajectoire d'amélioration continue

Pour un accompagnement complet sur le verdissement de vos contrats, découvrez notre guide électricité verte entreprise.

Le rôle du courtier dans l'achat de Garanties d'Origine

Expertise marché et accès aux meilleures offres

Le marché des GO est un marché de gros, complexe et volatile. Un courtier en énergie spécialisé apporte plusieurs avantages décisifs :

  • Accès aux plateformes : le courtier dispose de comptes sur les places de marché (EEX, brokers OTC) et peut sourcer des GO à des prix compétitifs
  • Connaissance des prix : le courtier suit quotidiennement les cotations des GO par filière, par pays et par vintage. Il identifie les fenêtres d'achat optimales
  • Volume mutualisé : en agissant pour plusieurs clients, le courtier obtient des conditions tarifaires inaccessibles à une entreprise seule
  • Veille réglementaire : le courtier anticipe les évolutions (CSRD, VertVolt, réforme des GO européennes) et adapte la stratégie d'achat

De l'audit à l'annulation : un accompagnement de bout en bout

Le courtier intervient à chaque étape du processus :

  1. Audit énergétique : analyse de la consommation de l'entreprise (volumes, sites, profil de charge) pour définir le besoin en GO
  2. Stratégie de verdissement : recommandation sur le type de GO (standard, premium, VertVolt), la part de couverture et le calendrier d'achat
  3. Sourcing et négociation : mise en concurrence des fournisseurs et des producteurs pour obtenir le meilleur prix
  4. Exécution : achat des GO et suivi du transfert dans le registre Powernext
  5. Annulation et attestation : le courtier s'assure que les GO sont annulées au bénéfice de l'entreprise et fournit les attestations pour le reporting CSRD
  6. Reporting : préparation des données pour le rapport de durabilité (Scope 2 market-based, provenance des GO, pourcentage de couverture)

Ce service complet permet à l'entreprise de se concentrer sur son coeur de métier tout en bénéficiant d'une stratégie de verdissement optimisée. Le courtier agit en tiers de confiance entre le marché et l'entreprise.

Pourquoi passer par un courtier plutôt que par son fournisseur ?

La question se pose légitimement. Voici les différences :

  • Le fournisseur intègre les GO dans son offre commerciale, avec une marge. L'entreprise n'a pas de visibilité sur le prix réel de la GO ni sur sa provenance exacte
  • Le courtier agit pour le compte de l'entreprise et met en concurrence les fournisseurs. Il offre une transparence totale sur le prix, la provenance et le type de GO
  • Le courtier peut mixer plusieurs sources (GO de marché, GO premium, GO VertVolt, PPA) pour optimiser le rapport coût/qualité, ce que le fournisseur propose rarement de manière proactive

Pour en savoir plus sur l'accompagnement d'un courtier, consultez notre guide complet du courtier en énergie.

Cas concret : une ETI industrielle passe de GO standard à VertVolt

Profil de l'entreprise et point de départ

Prenons le cas d'une ETI industrielle française du secteur agroalimentaire, avec les caractéristiques suivantes :

  • Effectif : 400 salariés, soumise à la CSRD depuis 2025
  • Consommation électrique : 8 000 MWh/an, répartis sur 3 sites industriels
  • Situation initiale : contrat de fourniture classique avec GO standard (hydraulique nordique) incluses par le fournisseur. Coût GO : environ 1 EUR/MWh, soit 8 000 EUR/an
  • Problème identifié : le rapport de durabilité CSRD affiche bien un Scope 2 market-based à 0, mais le comité RSE et les clients grands comptes remettent en question la crédibilité des GO standard importées

La stratégie de transition en 3 étapes

Accompagnée par un courtier en énergie, l'ETI met en place une stratégie progressive :

Étape 1 (année 1) : basculer vers des GO premium françaises (éolien terrestre, installations de moins de 5 ans). Le surcoût passe de 1 à 3 EUR/MWh, soit un budget GO de 24 000 EUR/an. L'additionnalité est renforcée et la provenance française améliore la cohérence de la démarche.

Étape 2 (année 2) : passer 50 % de la consommation en VertVolt « Très engagé » et maintenir 50 % en GO premium. Le budget GO passe à environ 32 000 EUR/an (4 000 MWh x 5 EUR + 4 000 MWh x 3 EUR).

Étape 3 (année 3-4) : engager un PPA de 3 GWh/an sur un parc solaire en construction, combinant prix fixe et additionnalité maximale. Les 5 GWh restants sont couverts en GO VertVolt. Le coût total GO + PPA est maîtrisé grâce à la stabilité du prix PPA.

Résultats et bénéfices mesurables

Après deux ans de mise en oeuvre, les résultats sont significatifs :

  • Scope 2 market-based : maintenu à 0 tCO2, mais avec des instruments de qualité supérieure reconnus par les agences de notation
  • Note EcoVadis : progression de 55/100 à 72/100, notamment grâce à la partie « Environnement » du questionnaire
  • Appels d'offres : l'ETI remporte deux nouveaux marchés auprès de donneurs d'ordres qui exigeaient une démarche de verdissement crédible
  • Engagement salariés : la communication interne sur le passage à VertVolt renforce la marque employeur et l'adhésion aux objectifs RSE
  • Surcoût net : +24 000 EUR/an par rapport aux GO standard initiales, compensé en partie par les gains commerciaux et la meilleure notation ESG

Ce cas illustre un principe clé : le verdissement de l'électricité est un investissement, pas un simple coût. Le passage progressif de GO standard à des instruments de qualité produit des retours tangibles sur la compétitivité, la réputation et la conformité réglementaire.

Questions fréquentes sur les Garanties d'Origine

Comment fonctionne le système des GO pour les entreprises et quelles sont leurs obligations ?

Le système des GO repose sur un mécanisme de certification et de traçabilité géré par les registres nationaux (Powernext en France). Pour les entreprises, il n'existe pas d'obligation légale directe d'acheter des GO. En revanche, la CSRD impose un reporting Scope 2 en méthode market-based qui rend les GO stratégiquement indispensables : sans GO, le facteur d'émission utilisé est le mix résiduel (environ 450 gCO2/kWh en France), bien plus élevé que le mix moyen. Les entreprises de plus de 250 salariés soumises à la CSRD ont donc un intérêt direct à intégrer les GO dans leur stratégie d'achat d'électricité.

Quels sont les avantages concrets d'acheter des GO pour une ETI industrielle ?

Pour une ETI industrielle, les GO apportent quatre avantages mesurables : un Scope 2 market-based réduit à zéro (amélioration directe du bilan carbone reporté), une meilleure notation ESG (EcoVadis, CDP), un avantage compétitif dans les appels d'offres des grands comptes exigeant des fournisseurs « verts », et un levier de communication interne et externe crédible pour la démarche RSE.

La CSRD rend-elle l'achat de GO obligatoire pour toutes les entreprises ?

Non, la CSRD ne rend pas l'achat de GO juridiquement obligatoire. Elle impose un reporting des émissions Scope 2 selon les deux méthodes (location-based et market-based). Sans GO, l'entreprise doit utiliser le mix résiduel comme facteur d'émission market-based, ce qui se traduit par un bilan carbone élevé. Les GO sont donc le moyen le plus simple et le plus efficace de réduire le Scope 2 market-based, mais d'autres instruments (PPA, autoconsommation) sont également reconnus.

Qu'est-ce qui distingue une Garantie d'Origine d'un simple label vert ?

La GO est le seul certificat officiel reconnu par la réglementation européenne pour tracer l'origine renouvelable de l'électricité. Un « label vert » commercial peut désigner n'importe quel engagement du fournisseur, sans traçabilité vérifiable. Seules les GO sont inscrites dans un registre national auditable et ne peuvent être utilisées qu'une seule fois (annulation définitive).

Les GO sont-elles suffisantes pour le reporting CSRD Scope 2 ?

Oui pour la méthode market-based du GHG Protocol : les GO permettent de comptabiliser un facteur d'émission de 0 gCO2/kWh sur les volumes couverts. La CSRD exige toutefois de reporter les deux méthodes (location-based et market-based), donc les GO améliorent le bilan market-based sans modifier le location-based.

Comment la fin de l'ARENH affecte-t-elle le marché des GO ?

La fin de l'ARENH n'a pas d'impact direct sur le marché des GO (ce sont deux mécanismes distincts). Cependant, le VNU (Versement Nucléaire Universel) stabilise les prix de fourniture, ce qui rend le surcoût des GO plus prévisible pour les entreprises. La demande de GO est tirée par la CSRD et les engagements ESG, pas par le mécanisme nucléaire.

Quel est le coût réel des GO pour une entreprise ?

Le surcoût dépend du type de GO : 0,50 à 1,50 €/MWh pour des GO standard (hydraulique), 1,50 à 4 €/MWh pour des GO premium (éolien/solaire récent), 3 à 8 €/MWh pour des GO via PPA. Pour une PME consommant 500 MWh/an, le verdissement en GO standard coûte entre 250 et 750 €/an : un investissement modeste pour l'impact RSE et le reporting CSRD.

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Joël Lassalle

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