TICFE 2026 : taux, exonérations et remboursement
Anciennement CSPE puis TICFE, l'accise sur l'électricité est la principale taxe sur la consommation d'électricité en France. Elle s'applique sur chaque MWh livré à un consommateur final et représente entre 20 et 35 % du montant total d'une facture d'électricité professionnelle. Depuis le 1er août 2026, le taux normal pour les entreprises s'établit à 26,35 euros par MWh, après 26,58 euros au premier semestre 2026 et 25,79 euros au second semestre 2025.
Pour une PME industrielle consommant 1 500 MWh par an, cela représente environ 39 525 euros de taxes annuelles : un poste de dépense rarement audité et pourtant compressible de 62 à 100 % selon les codes NAF et les procédés industriels éligibles aux taux réduits définis par le Code des impositions sur les biens et services (CIBS).
Pourtant, la plupart des dirigeants confondent encore CSPE, TICFE et accise sur l'électricité. Ces trois appellations désignent la même taxe à des époques différentes. Cette confusion nourrit un angle mort fiscal qui profite uniquement au Trésor public.
Ce guide détaille les taux applicables en 2026, les mécanismes d'exonération et de taux réduits, la procédure de remboursement rétroactif et un cas concret chiffré pour une PME industrielle. Il complète notre guide sur l'optimisation fiscale de l'énergie en se concentrant exclusivement sur la fraction électricité de l'accise.
En bref : les chiffres clés de la TICFE en 2026
Avant d'entrer dans le détail, voici un tableau récapitulatif des données essentielles pour un responsable financier pressé :
| Indicateur | Valeur 2026 |
|---|---|
| Taux normal entreprises (puissance supérieure à 36 kVA) | 26,35 euros par MWh (depuis le 1er août 2026) |
| Taux ménages et assimilés (puissance inférieure ou égale à 36 kVA) | 30,62 euros par MWh (depuis le 1er août 2026) |
| Taux réduit grande consommatrice (électro-intensité de 0,5 % à 2,25 %) | 5,50 euros par MWh |
| Taux réduit électro-sensible (électro-intensité de 2,25 % à 6,75 %) | 3,00 euros par MWh |
| Taux réduit électro-intensif et hyper électro-intensif (électro-intensité supérieure à 6,75 %) | 0,50 euro par MWh |
| Doubles usages (procédés métallurgiques, électrolyse) | 0 euro par MWh |
| Délai de remboursement rétroactif | 2 ans (N réclamable jusqu'au 31/12 de N+2) |
| Formulaire officiel | CERFA 16196*03 |
| Organisme compétent | DGFiP — Service des Impôts des Entreprises |
Ce qui change en 2026
Trois évolutions majeures impactent les entreprises cette année :
- Fusion des catégories fiscales : le PLF 2026 (article 18) regroupe les catégories "PME" et "haute puissance" sous l'appellation unique "entreprises et assimilées", simplifiant la lecture des factures
- Hausse du taux nominal : le taux passe de 25,79 euros par MWh (second semestre 2025) à 26,58 euros par MWh au 1er février 2026, puis à 26,35 euros par MWh au 1er août 2026, en raison de la suppression progressive du bouclier tarifaire
- Trajectoire de baisse programmée : la loi de finances 2026 (article 71) a voté une réduction de 0,5 euro par MWh au 1er août 2026 puis de 0,4 euro supplémentaire au 1er février 2027 ; le taux 2027 n'est pas encore publié
De la CSPE à l'accise sur l'électricité : comprendre la taxe TICFE en 2026
L'historique : CSPE, TICFE, accise : trois noms pour une seule taxe
La fiscalité sur l'électricité en France a connu trois transformations majeures. Voici la chronologie complète :
| Année | Événement | Taux (euros par MWh) |
|---|---|---|
| 2003 | Création de la CSPE | 3,00 |
| 2011 | Forte hausse de la CSPE | 10,50 |
| 2016 | Fusion CSPE + TICFE (loi de finances rectificative du 17/12/2015) | 22,50 |
| 2022 | Renommage en "accise sur l'électricité" (ordonnance n° 2021-1843 du 22/12/2021) | 1,00 (bouclier tarifaire) |
| 2024 | Fin progressive du bouclier | 20,50 |
| 2025 (fév.) | Premier relèvement post-crise | 26,23 |
| 2025 (août) | Correction à la baisse | 25,79 |
| 2026 (fév.) | Taux stabilisé, fusion catégories | 26,58 |
| 2026 (août) | Baisse de 0,5 euro par MWh (loi de finances 2026, art. 71) | 26,35 |
La Contribution au Service Public de l'Électricité (CSPE), créée en 2003, finançait le développement des énergies renouvelables, la péréquation tarifaire dans les zones non interconnectées (ZNI) et les tarifs sociaux. Son taux a été multiplié par 7,5 entre 2003 et 2016.
Au 1er janvier 2016, la loi de finances rectificative du 17 décembre 2015 a fusionné la CSPE avec la Taxe Intérieure sur la Consommation Finale d'Électricité (TICFE). Jusqu'alors, la TICFE ne concernait que les sites de puissance supérieure à 250 kVA et son taux était de seulement 0,50 euro par MWh. Cette fusion a supprimé le seuil d'exonération de 240 GWh et le plafonnement à 627 783 euros par site qui protégeaient les grands consommateurs.
Depuis le 1er janvier 2022, la TICFE est devenue la "fraction perçue sur l'électricité de l'accise sur les énergies", conformément à l'ordonnance n° 2021-1843 du 22 décembre 2021 qui a créé le Code des impositions sur les biens et services (CIBS). Les articles L. 312-1 à L. 312-107 du CIBS encadrent désormais cette taxe.
En 2026, les termes CSPE, TICFE et accise sur l'électricité désignent la même taxe. Le terme juridique officiel est "accise sur l'électricité", mais l'appellation TICFE reste couramment utilisée sur les factures des fournisseurs.
Le transfert DGDDI vers DGFiP : un changement d'interlocuteur majeur
Le passage au CIBS a provoqué un transfert de compétence administratif dont les conséquences pratiques sont considérables pour les entreprises. Avant 2022, les demandes d'exonération et de remboursement de la CSPE étaient gérées par la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects (DGDDI). Depuis cette date, c'est la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) qui administre l'accise, via votre Service des Impôts des Entreprises (SIE).
Ce changement a trois implications concrètes :
- Les formulaires ont changé : le CERFA applicable est désormais le 16196*03, téléchargeable sur le site impots.gouv.fr dans la rubrique "Recherche de formulaires"
- L'interlocuteur est différent : votre SIE remplace le bureau des douanes pour toute demande d'exonération de TICFE ou de remboursement rétroactif
- Les délais de traitement varient : comptez 4 à 6 mois pour un dossier de remboursement complet, contre 2 à 3 mois précédemment auprès des douanes
Pour les entreprises qui avaient l'habitude de traiter avec les douanes, un courtier en énergie facilite cette transition en prenant en charge l'intégralité de la relation avec la DGFiP et le suivi du dossier de demande de remboursement.
Qui paie la taxe TICFE et qui la collecte ?
L'accise sur l'électricité est collectée par les fournisseurs d'électricité auprès de tous les consommateurs finals : entreprises comme particuliers. Le consommateur final paie la taxe, mais c'est le fournisseur qui a la responsabilité de la collecter et de la reverser à l'État (DGFiP). Elle apparaît en ligne distincte sur chaque facture d'électricité professionnelle.
Deux catégories d'acteurs sont redevables de l'accise :
- Les fournisseurs d'électricité, qui déclarent et versent la taxe à la DGFiP chaque trimestre (avant le 25 du mois suivant le trimestre civil)
- Les autoproducteurs qui consomment leur propre électricité, sauf si leur puissance de production installée est inférieure à 1 000 kW
Le montant dépend exclusivement du volume consommé en MWh. Il n'existe ni franchise ni abattement à la base. Chaque mégawattheure livré au consommateur final est taxé au taux correspondant à sa catégorie de puissance souscrite.
Quel est le montant de la TICFE en 2026 ?
Tarifs de l'accise sur l'électricité au 1er août 2026
Depuis le 1er août 2026, les tarifs de l'accise sur l'électricité en France métropolitaine s'établissent comme suit :
| Catégorie de consommateur | Puissance souscrite | Taux (euros par MWh) |
|---|---|---|
| Ménages et assimilés | Inférieure ou égale à 36 kVA | 30,62 |
| Entreprises et assimilées (ex-PME) | Supérieure à 36 kVA, inférieure ou égale à 250 kVA | 26,35 |
| Entreprises et assimilées (ex-haute puissance) | Supérieure à 250 kVA | 26,35 |
Point d'attention : la fusion des catégories "PME" et "haute puissance" sous l'appellation unique "entreprises et assimilées" simplifie la grille tarifaire. Vérifiez auprès de votre fournisseur que votre catégorisation a été correctement mise à jour sur vos factures.
Comparaison des taux 2024-2025-2026
L'évolution récente des taux reflète la fin progressive du bouclier tarifaire mis en place durant la crise énergétique de 2022-2023 :
| Période | Ménages (euros par MWh) | Entreprises (euros par MWh) | Contexte |
|---|---|---|---|
| 1er février 2024 | 21,00 | 20,50 | Bouclier tarifaire encore actif |
| 1er février 2025 | 33,70 | 26,23 | Première hausse post-bouclier |
| 1er août 2025 | 29,98 | 25,79 | Correction à la baisse |
| 1er février 2026 | 30,85 | 26,58 | Taux stabilisé, fusion des catégories |
| 1er août 2026 | 30,62 | 26,35 | Baisse de 0,5 euro par MWh (loi de finances 2026, art. 71) |
Pour une PME au profil C4 consommant 800 MWh par an, la charge d'accise est passée de 16 400 euros en 2024 à 21 080 euros au taux du 1er août 2026, soit une hausse de 28,5 % en deux ans. Cette augmentation renforce l'intérêt d'une démarche d'optimisation du tarif d'électricité professionnel incluant la composante fiscale.
Trajectoire confirmée pour 2027
L'article 71 de la loi de finances 2026 programme une baisse supplémentaire de 0,4 euro par MWh au 1er février 2027. Le taux 2027 n'est pas encore publié. Cette trajectoire s'inscrit dans la réforme globale de la fiscalité énergétique qui vise à rééquilibrer la taxation entre électricité et gaz naturel, conformément aux engagements européens de décarbonation.
Exonérations de TICFE et taux réduits : le catalogue complet pour 2026
L'accise sur l'électricité prévoit trois niveaux d'allègement fiscal distincts, définis par le CIBS. Comprendre leurs différences est indispensable pour identifier la stratégie la plus rentable pour votre entreprise.
Exonérations totales : quand la taxe ne s'applique pas
Certains usages de l'électricité bénéficient d'une exonération totale de l'accise. La taxe n'est pas due lorsque l'électricité est utilisée pour :
- La production d'électricité : centrales, installations de cogénération : le principe de non-double taxation s'applique
- Les procédés métallurgiques, de réduction chimique ou d'électrolyse (doubles usages) : 0 euro par MWh
- La fabrication de produits minéraux non métalliques classés sous la division 23 de la nomenclature NACE (verrerie, cimenterie, céramique)
- La production de produits énergétiques au sein d'établissements de fabrication
- L'électricité produite à bord de bateaux
- L'autoconsommation par de petits producteurs dont la puissance installée est inférieure à 1 000 kW
- La compensation des pertes réseau : électricité acquise par les gestionnaires de réseaux (Enedis, RTE) pour compenser les pertes de transport et de distribution
Taux réduits par catégorie d'entreprise : le tableau exhaustif
Voici le catalogue complet des taux réduits applicables en 2026. L'économie est calculée par rapport au taux normal entreprises de 26,35 euros par MWh (depuis le 1er août 2026) :
| Catégorie d'entreprise | Conditions d'éligibilité | Taux réduit (euros par MWh) | Économie vs taux normal |
|---|---|---|---|
| Grande consommatrice | Électro-intensité de 0,5 % à 2,25 % (0,222 à 1 kWh par euro de valeur ajoutée) | 5,50 | 79 % |
| Électro-sensible | Électro-intensité de 2,25 % à 6,75 % (1 à 3 kWh par euro de valeur ajoutée) | 3,00 | 89 % |
| Électro-intensif | Électro-intensité de 6,75 % à 13,5 % (3 à 6 kWh par euro de valeur ajoutée) | 0,50 | 98 % |
| Hyper électro-intensif | Électro-intensité supérieure à 13,5 % (plus de 6 kWh par euro de valeur ajoutée) | 0,50 | 98 % |
| Activités exposées à la concurrence internationale | Électro-intensité d'au moins 0,5 %, activité listée par l'arrêté du 18/12/2025 | 0,50 | 98 % |
| Transport ferroviaire | Transport de personnes et marchandises par train, métro, tramway, câble, trolleybus | 0,50 | 98 % |
| Chimie double usage | Électricité utilisée comme matière première dans un procédé d'électrolyse | 0 | 100 % |
| Data centers | Fraction excédant 1 GWh par an (le premier GWh reste au taux normal), électro-intensité supérieure ou égale à 0,5 % | 10,00 | 62 % |
| Manutention portuaire | Électro-intensité supérieure ou égale à 0,5 % | 0,50 | 98 % |
| Aérodromes | Aérodromes ouverts à la circulation aérienne publique, électro-intensité supérieure ou égale à 0,5 % | 7,50 | 72 % |
| Transport collectif routier | Transport collectif routier de personnes | 0,50 | 98 % |
| Alimentation à quai | Engins flottants commerciaux ou des autorités publiques | 0,50 | 98 % |
Note : l'électro-intensité rapporte le coût de l'électricité, au tarif de référence, à la valeur ajoutée. Jusqu'au 31/12/2025, la grille reposait sur d'autres paliers (12,00, 7,50 et 2,00 euros par MWh, avec un palier conditionné à plus de 30 GWh par an et à une certification ISO 50001) ; en 2025, le bouclier ramenait tous les électro-intensifs à 0,50 euro par MWh. Les activités exposées à la concurrence internationale sont définies par arrêté ministériel et correspondent aux activités dont l'intensité des échanges avec des pays tiers dépasse 25 %, conformément à l'article 10 bis de la directive 2003/87/CE (système SEQE-UE).
Pour savoir si votre code NAF (APE) vous rend éligible à l'un de ces taux réduits, consultez notre guide dédié aux industries électro-intensives.
Exonération vs taux réduit vs remboursement : quelle stratégie choisir ?
Ces trois mécanismes répondent à des situations distinctes. Le tableau ci-dessous clarifie leurs différences :
| Critère | Exonération totale | Taux réduit | Remboursement rétroactif |
|---|---|---|---|
| Quand s'applique-t-elle ? | En amont, sur la facture | En amont, sur la facture | A posteriori, après paiement du taux plein |
| Qui intervient ? | Fournisseur (sur attestation CERFA) | Fournisseur (sur attestation CERFA) | DGFiP / SIE (sur dossier complet) |
| Montant de la taxe | 0 euro par MWh | De 0,50 à 10,00 euros par MWh | Remboursement du différentiel trop-versé |
| Délai d'application | Dès la facture suivante | Dès la facture suivante | 4 à 6 mois après dépôt |
| Rétroactivité | Non | Non | Oui, sur 2 ans (N réclamable jusqu'à N+2) |
| Document requis | CERFA 16196*03 | CERFA 16196*03 | CERFA 16196*03 + pièces justificatives |
Recommandation : la stratégie optimale combine une demande d'application du taux réduit pour les factures futures (via l'attestation au fournisseur) et une demande de remboursement rétroactif auprès du SIE pour récupérer le trop-versé des deux dernières années.
Procédure de remboursement de la TICFE : guide étape par étape
Votre entreprise a payé le taux plein de l'accise sur l'électricité alors qu'elle était éligible à un taux réduit ? Vous disposez d'un droit à remboursement rétroactif. Le délai de prescription est de deux ans : les sommes versées au titre de l'année N sont réclamables jusqu'au 31 décembre de l'année N+2. En 2026, vous pouvez donc encore récupérer le trop-versé sur vos consommations de 2024.
Étape 1 : vérifier votre éligibilité
Avant de constituer un dossier de demande de remboursement, vous devez confirmer que votre activité ouvre droit à un taux réduit ou à une exonération de TICFE. Les critères d'éligibilité reposent sur trois piliers :
- Votre code NAF (APE) : certains secteurs industriels sont automatiquement éligibles aux taux réduits. Les plus courants sont la métallurgie (24.xx), la chimie de base (20.1x), la papeterie (17.1x), la verrerie (23.1x), la cimenterie (23.5x) et les data centers (63.11Z)
- Votre ratio électricité/valeur ajoutée : calculé sur les trois derniers exercices comptables à partir de vos bilans. Depuis le 1er janvier 2026, un ratio d'au moins 0,5 % ouvre l'accès au premier taux réduit (5,50 euros par MWh), puis les paliers changent à 2,25 %, 6,75 % et 13,5 %
- Votre volume de consommation annuelle : jusqu'au 31/12/2025, un volume supérieur à 30 GWh par an assorti d'un accord de performance énergétique (certification ISO 50001 ou équivalent) ouvrait un taux plus avantageux. La grille 2026 ne retient plus ce critère
Étape 2 : rassembler les pièces justificatives
Le dossier de demande de remboursement auprès de votre Service des Impôts des Entreprises (SIE) nécessite les documents suivants :
- Factures d'électricité détaillées couvrant la période de remboursement (24 mois maximum), mentionnant le volume en MWh et le montant d'accise acquitté
- Bilans comptables et comptes de résultat des trois derniers exercices, permettant de calculer la valeur ajoutée comptable
- Extrait Kbis de moins de 3 mois, attestant de l'existence légale de l'entreprise
- Justificatif du code NAF et description détaillée de l'activité industrielle exercée sur le site concerné
- Certification ISO 50001 ou accord de performance énergétique, le cas échéant
- Le formulaire CERFA 16196*03 dûment rempli et signé par le représentant légal
Étape 3 : remplir le formulaire CERFA 16196*03
Le CERFA 16196*03 est l'attestation officielle par laquelle le consommateur final déclare la part de son électricité éligible à un taux réduit ou à une exonération. Ce formulaire est téléchargeable sur le site impots.gouv.fr dans la rubrique "Recherche de formulaires". Il comporte quatre cadres principaux :
- Cadre A : identification du consommateur : numéro SIREN, adresse du site de consommation, code NAF de l'établissement
- Cadre B : volumes d'électricité consommés par usage : total livré en MWh, part exonérée, part éligible au taux réduit, exprimés en pourcentage des quantités totales
- Cadre C : justification de l'éligibilité : ratio achats d'électricité sur valeur ajoutée, attestation de performance énergétique, mention du secteur exposé au risque de fuite de carbone
- Cadre D : engagement et signature du représentant légal de l'entreprise
Point clé : le formulaire doit être transmis à votre fournisseur d'électricité pour les exonérations et taux réduits futurs (application directe sur les factures suivantes), mais directement à votre SIE pour les demandes de remboursement rétroactif du trop-versé.
Étape 4 : déposer le dossier auprès de la DGFiP
Adressez l'ensemble du dossier à votre Service des Impôts des Entreprises (SIE) par courrier recommandé avec accusé de réception. Certains SIE acceptent désormais les dépôts dématérialisés via la messagerie sécurisée de votre espace professionnel sur impots.gouv.fr.
Le SIE dispose d'un délai légal de réponse de 6 mois. En pratique, les dossiers complets et bien documentés sont traités en 4 à 5 mois. Le remboursement est versé par virement bancaire sur le compte professionnel de l'entreprise. Un dossier incomplet entraîne une demande de pièces complémentaires qui rallonge le délai de plusieurs semaines.
Calendrier déclaratif 2026 : les dates à retenir
- Avant le 31 mars 2026 : transmission de l'attestation CERFA au fournisseur pour application du taux réduit sur les factures du 2e trimestre
- Avant le 25 du mois suivant chaque trimestre : déclaration trimestrielle d'accise par les fournisseurs (les consommateurs n'ont pas de déclaration à faire)
- Avant le 31 décembre 2026 : date limite pour réclamer le remboursement du trop-versé sur les consommations de 2024
- Avant le 31 décembre 2027 : date limite pour réclamer le trop-versé sur les consommations de 2025
Cas concret : taux réduit de TICFE pour une PME industrielle
La complexité administrative de ces démarches constitue le principal obstacle pour les entreprises. Pour illustrer concrètement le potentiel d'économie, voici l'analyse d'un profil type : une PME de la plasturgie dans le Grand Est, spécialisée dans l'injection de pièces techniques pour l'automobile.
Situation initiale de l'entreprise
- Activité : injection plastique : code NAF 22.29A
- Consommation annuelle : 5 000 MWh (profil C3, alimentation en HTA)
- Puissance souscrite : 2 500 kVA
- Accise payée au taux plein : 26,35 euros par MWh, soit 131 750 euros par an
- Ratio électricité/valeur ajoutée : 4,2 % sur les trois derniers exercices comptables (2023, 2024, 2025)
- Certification : pas de certification ISO 50001 en cours
Analyse de l'éligibilité au taux réduit
Avec un ratio de 4,2 %, cette PME se situe entre 2,25 % et 6,75 %, la tranche électro-sensible de la grille 2026. En revanche, elle reste sous le seuil de 6,75 % du statut électro-intensif. Le taux réduit applicable est donc de 3,00 euros par MWh au lieu de 26,35 euros.
Calcul de l'économie annuelle
Au taux du 1er août 2026, l'économie annuelle se calcule ainsi :
(26,35 - 3,00) x 5 000 = 116 750 euros par an
Ce calcul vaut pour 2026 uniquement. Les années 2024 et 2025 avaient d'autres taux, normaux comme réduits. Une entreprise qui a payé le taux plein alors qu'elle remplissait les conditions d'un taux réduit peut demander le remboursement du trop-payé sur les années non prescrites, calculé avec les taux en vigueur chaque année.
Impact sur la trésorerie et les exercices futurs
L'application du taux réduit sur les factures futures génère une économie annuelle récurrente de 116 750 euros. Sur un contrat d'électricité de 3 ans, à taux inchangés, cela représente 350 250 euros d'économies cumulées uniquement sur la composante accise.
Cette optimisation ne modifie ni le volume consommé ni la puissance souscrite. Elle résulte exclusivement d'un reclassement fiscal fondé sur des critères objectifs. Le seul prérequis est de constituer le dossier et de transmettre l'attestation CERFA dans les délais.
Pour aller plus loin dans l'optimisation de votre facture d'électricité d'entreprise, d'autres leviers existent : renégociation du prix de fourniture, optimisation de la puissance souscrite (composante TURPE), révision de la Contribution Tarifaire d'Acheminement (CTA).
Questions fréquentes sur la TICFE en 2026
Puis-je obtenir un remboursement de TICFE pour les années précédentes ?
Oui. Le droit à remboursement de l'accise sur l'électricité (anciennement CSPE puis TICFE) obéit à un délai de prescription de deux ans. Concrètement, en 2026 :
- Consommations de 2024 : réclamation possible jusqu'au 31 décembre 2026
- Consommations de 2025 : réclamation possible jusqu'au 31 décembre 2027
Au-delà de ce délai, le droit est prescrit et les sommes sont définitivement acquises au Trésor public. La demande doit être adressée à votre Service des Impôts des Entreprises (SIE) accompagnée du formulaire CERFA 16196*03 et des pièces justificatives détaillées dans ce guide.
Qui doit faire la demande de remboursement TICFE ?
C'est à votre entreprise : et non à votre fournisseur d'électricité : de constituer et de déposer le dossier de remboursement auprès de la DGFiP. Le fournisseur collecte l'accise pour le compte de l'État et l'applique sur vos factures, mais il n'est pas habilité à traiter les demandes de remboursement rétroactif. En revanche, pour les exonérations et taux réduits futurs, c'est bien au fournisseur que vous devez transmettre l'attestation CERFA afin qu'il applique directement le bon taux sur vos prochaines factures.
Quelle est la différence entre une exonération et un taux réduit de TICFE ?
L'exonération et le taux réduit sont deux mécanismes distincts :
- L'exonération supprime totalement l'accise pour des usages très spécifiques définis par le CIBS : production d'électricité, électricité produite à bord de bateaux, autoconsommation par des producteurs de moins de 1 000 kW de puissance installée
- Le taux réduit maintient la taxation mais à un niveau inférieur au taux normal de 26,35 euros par MWh (depuis le 1er août 2026). Il concerne les entreprises électro-intensives, le transport ferroviaire, les data centers et d'autres catégories réglementaires
Dans les deux cas, la démarche administrative passe par le formulaire CERFA 16196*03 transmis au fournisseur. Pour le remboursement rétroactif, le dossier est adressé au SIE.
Le remboursement de TICFE est-il imposable ?
Le remboursement de l'accise sur l'électricité constitue un produit exceptionnel qui doit être comptabilisé dans le résultat de l'exercice au cours duquel il est perçu. Il est donc soumis à l'impôt sur les sociétés (IS) ou à l'impôt sur le revenu (IR) selon le régime fiscal de l'entreprise.
Concrètement, pour une PME soumise à l'IS au taux de 25 %, le gain net après impôt représente environ 75 % de la somme remboursée. Il est recommandé d'en informer votre expert-comptable pour anticiper l'impact sur votre résultat fiscal.
Optimisez votre fiscalité énergétique avec un courtier spécialisé
La TICFE représente un levier d'économie majeur pour toute entreprise dont la consommation électrique dépasse 500 MWh par an. Pourtant, de nombreuses PME et industries continuent de payer le taux plein de l'accise par méconnaissance des dispositifs d'exonération ou par manque de temps pour constituer les dossiers administratifs auprès de la DGFiP.
En tant que courtier en énergie spécialisé dans l'accompagnement des professionnels, Acieb Énergie prend en charge l'intégralité de la démarche d'optimisation :
- Audit complet de votre facture d'électricité : identification des postes compressibles, vérification de votre catégorisation fiscale, analyse de votre éligibilité aux taux réduits et conformité de votre tarif d'électricité professionnel
- Montage du dossier de remboursement CSPE : collecte des pièces justificatives, remplissage du formulaire CERFA, constitution du dossier et suivi auprès de la DGFiP jusqu'au versement du remboursement
- Stratégie d'optimisation globale : intégration de la fiscalité TICFE dans une approche complète couvrant le TURPE, la CTA, le prix de fourniture et l'optimisation fiscale de l'énergie dans son ensemble
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Questions fréquentes
Oui. Le droit à remboursement de l'accise sur l'électricité obéit à un délai de prescription de deux ans. En 2026, vous pouvez réclamer le trop-versé sur vos factures de 2024 (jusqu'au 31 décembre 2026) et de 2025 (jusqu'au 31 décembre 2027). La demande doit être adressée à votre Service des Impôts des Entreprises (SIE) accompagnée du formulaire CERFA 16196*03 et des pièces justificatives.
C'est à votre entreprise de constituer et de déposer le dossier de remboursement auprès de la DGFiP. Le fournisseur d'électricité collecte l'accise pour le compte de l'État et l'applique sur vos factures, mais il n'est pas habilité à traiter les demandes de remboursement rétroactif. En revanche, pour les exonérations et taux réduits futurs, c'est bien au fournisseur que vous devez transmettre l'attestation CERFA.
L'exonération supprime totalement l'accise pour des usages spécifiques définis par le Code des impositions sur les biens et services (CIBS) : production d'électricité, électricité produite à bord de bateaux, autoconsommation par des producteurs de moins de 1 000 kW. Le taux réduit maintient la taxation mais à un niveau inférieur au taux normal de 26,35 euros par MWh (depuis le 1er août 2026), pour les entreprises électro-intensives, le transport ferroviaire ou les data centers.
Oui. Le remboursement de l'accise sur l'électricité constitue un produit exceptionnel soumis à l'impôt sur les sociétés (IS) ou à l'impôt sur le revenu (IR). Pour une PME soumise à l'IS au taux de 25 %, le gain net après impôt représente environ 75 % de la somme remboursée.
Joël Lassalle

